Madagascar 









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LES PAYSAGES

Tout aussi semblable et varié que son voisin le continent africain, Madagascar présente de surprenants paysages naturels. La région centrale, formée de hauts plateaux, abrite une agriculture où prédominent les rizières et la culture maraîchère (fruits et légumes constituant le grenier de l’île).
Au Nord et principalement à l’Est s’ouvre ce qui reste de la forêt tropicale aujourd’hui en danger d’extinction, tandis qu’au Sud de Fianarancoa s’étend une vaste savane qui offre de multiples curiosités géologiques. Un massif formé de dômes de granit nu présente des formes évocatrices en tout genre, notamment toute sorte d’animaux. Un peu plus au Sud, des canyons et formations labyrinthiques du massif de L’Isalo rappellent les paysages du Far West américain.
Au centre de la côte Ouest on trouve les « reliefs karstiques érodés de Bemaraha » tandis qu’au Nord s’érige la réserve de l’Ankaran. Ces deux sites présentent d’immenses pointes rocheuses formant des forêts de pierres, que les Malgaches appellent Tsingy (« marcher sur la pointe des pieds »).



LA FAUNE

Si Madagascar compte parmi les grandes préoccupations écologiques de la planète, c’est en regard du difficile conflit que subissent Faune et Flore. En effet, malgré une biodiversité exceptionnelle, celle-ci est en mise en péril par les pratiques locales. Cela à pour conséquence de faire de cette île à la fois une formidable réserve naturelle et un sanctuaire en danger, qu’il serait nécessaire de protéger.
90% des espèces animales sont endémiques au pays, de même que les lémuriens n’existent pour la plupart que sur l’île de Madagascar. Près de 100% des mammifères n’existent nulle part ailleurs. On y trouve également de nombreux oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons. Sans oublier les insectes et autre invertébrés…
Malgré l’interdiction de chasser les nombreuses espèces protégées, certaines demandes, de plus en plus répandues, des touristes, participent à nuire violemment à la faune. Au-delà d’un problème généré par la population elle-même, il s’agit également d’un commerce très attractif, pouvant même se qualifier de trafic international, visant à satisfaire certains collectionneurs ( par exemple les tortues à socs, espèce propre au sud ouest Malgache menacées d’extinction ). C’est justement la diversité et la splendeur de la nature qui sont à l’origine de ces commerces… et donc de sa destruction partielle.



LA FLORE

Madagascar est un sanctuaire de la nature. Abritant une grande variété d’espèces végétales et animales, ce pays compte parmi les priorités écologiques de la planète. La faune et la flore sont menacées par une déforestation grandissante depuis près d’un siècle. Cela tient à la culture sur brûlis, une pratique ancestrale, « Fomba », et à la collecte du bois pour le chauffage et la cuisine.
Malgré les pressions internationales, ces us et coutumes, stigmates de la pauvreté de ce pays, sont indéracinables. Ils ont des conséquences dramatiques sur l’écosystème de l’île et sa biodiversité. Le gouvernement Malgache manque cruellement de fonds pour agir. De nombreuses organisations sont présentes sur l’île (ANGAP ; W.W.F. ; EARTHWATCH).
Madagascar fournit 3% des espèces végétales recensées sur la planète, et 80% sont endémiques.
L’île offre une multitude de végétations diverses qui correspondent tout naturellement à leur situation géographique. A l’Est, l’île est couverte de forêt tropicale : palmiers, bambous, fougères, orchidées… A l’ouest s’étend une forêt sèche à feuilles caduques. Du sud de Fianaranstoa à Tuléar, on trouve une savane arborée de palmiers. Plus au sud, la forêt d’épineux évoque les déserts du Mexique : Aloès, arbres pieuvres, baobabs étranges… Enfin, les côtes accueillent, dans la mangrove, les principaux habitats marins de l’île



PORTRAITS

Le remuement que provoquent ce pays et son peuple n’a, à mes yeux, pas d’égal dans ce que je connais de notre planète. Sur le chapitre étrangeté, mystère et étonnement, je ne lui voit guère de rivaux. Face à une nature si grandiose, inutile de s’étonnent de la richesse des rencontres avec les hommes et les femmes. En de nombreuses occasions, les malgaches peuvent surprendre plus encore que mère Nature.
Cet univers prend essence dans la façon de penser, différente de la notre, placée sous le signe du surnaturel. Les ancêtres sont omniprésents sur l’île et il n’est pas rare de voir les vivants engagés dans une conversation avec eux lors d’une cérémonie en leur honneur (Famadihana). L’espace-temps, dont le rythme profondément exotique est difficile à capter au quotidien, est très bien illustré par ces très longs voyages qui ne permettent de parcourir que peu de kilomètres.
Ces photos montrent des histoires de gens pris dans la vie quotidienne de Madagascar, des portraits d’hommes, femmes et enfants vivants dans une inconfortable pauvreté, devenue une fatalité presque endémique.



LA PECHE

Madagascar compte plusieurs milliers de kilomètres de côtes, sur lesquelles une majorité de la population s’est établie. Pour ce peuple maritime, la pêche est une des principales ressources économiques représentant environs 13% du P.N.B.
Cette terre multiethnique où se côtoient 18 peuples accueille sur la côte du canal du Mozambique les Vezo. Etablis sur une large partie de la côte sud-ouest, leurs villages font face aux lagons, séparés de l’océan par une barrière de corail.
Reflet de leurs traditions communautaires, la pêche et l’économie qui en découle reste l’œuvre d’une action collective. Cette activité organise le village : les hommes partent à la pêche, sur le lagon et parfois au-delà, sur le canal du Mozambique, pendant que les femmes, restées à terre, assurent la vente du poisson pris la veille. Les enfants, eux, profitent de la marée basse pour récolter des coquillages, geste d’imitation qui constitue une initiation ludique et naturelle à la future vie de pêcheur.
Les méthodes de pêche utilisées sont diverses : en pirogue avec deux embarcations pour prendre le poisson en tenaille, ou encore depuis la plage, au filet, pêche que l’on nomme Taly Kuck.
Malheureusement, épuisé par l’excès de pêche, le lagon n’offre plus, à lui seul, de quoi vivre aux pêcheurs. Pris dans la spirale de la modernisation, bouleversant leurs traditions, les Vezo ont quittés les tentes du bivouac pour se sédentariser dans les villages côtiers. S’éloignant chaque jour un peu plus de leurs racines, pourront ils conjuguer encore longtemps modernisme et traditions ?